Découvrez le talent de Michel Vialle, photographe spécialisé dans l’architecture, les paysages urbains, les natures mortes et les reproductions d’œuvres d’art.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis photographe professionnel. Je travaille… avec les gens qui veulent bien me faire travailler ! En fait, de préférence, dans l’illustration pour des magazines, d’une part, la décoration, d’autre part. Sous le pseudonyme de Serge Loxias, je développe une approche plus artistique, plasticienne, dirais-je pour reprendre un terme à la mode.
D’où vous est venue la passion de la photo ?
De très loin. Mon premier appareil photo était en carton. Un gros parallélépipède en carton noir. Pas de réglage d’ouverture ni de vitesse. Un viseur minuscule, pour commander l’obturateur, un levier — pousser vers le haut pour la première photo, vers le bas pour la deuxième et ainsi de suite — un gros bouton pour faire avancer la pellicule, ne pas oublier de surveiller le numéro de la vue dans la petite fenêtre rouge. C’est l’idéal pour débuter, on ne perd pas son temps avec la technique, on se concentre sur la composition ! Ça sort des images 6 x 7 que mon père développait dans la salle de bains et tirait par contact. Je ne sais pas d’où venait cet engin, j’avais 11 ans. Ou 12, je ne sais plus. J’adorais.
Que recherchez-vous lors de la prise de vue ?
C’est drôle, je ne m’étais jamais posé cette question. Ce que je recherche… Le meilleur éclairage possible, celui qui va construire l’image. Et le meilleur point de vue. Celui d’où le sujet va prendre toute sa place — ce qui ne veut pas dire toute la place — et toute sa force. Mais tout le monde fait ça, non?
Comment décririez-vous vos photos ?
Géométriques ? J’aime les compositions plutôt rigoureuses. Je suis assez classique au fond. J’aime aussi travailler mes images pour enlever de la couleur, tendre au noir et blanc et m’arrêter juste un peu avant qu’elles ne soient vraiment devenues des monochromes.
Pouvez-vous nous présenter une de vos photos que vous aimez particulièrement et nous expliquer votre choix ?
C’est une image de nuit, traitée monochrome, mais avec des touches de couleur. Il y a un personnage, mais on ne le voit pas forcément tout de suite. La perspective de la rue, celle du parking souterrain mènent on ne trop où. J’aime ce genre d’ambiance.
Comment travaillez-vous (préparation, prise de vue, traitement des images) ?
Compte tenu des sujets que je pratique, il n’y a pas de préparation à proprement parler photographique, éventuellement un repérage pour la lumière. Je travaille toujours en lumière naturelle. Pour les intérieurs, j’utilise la lumière existante (fenêtres ou éclairages). C’est parfois un peu acrobatique, mais on arrive mieux à rendre compte d’une ambiance. Ou alors, il faudrait monter un éclairage sophistiqué, on n’a ni le temps ni le budget. Pour le traitement des images, j’enchaîne trois phases : la correction des défauts des objectifs avec un logiciel spécialisé, le développement du raw et enfin un traitement final pour les redressements de perspectives, corrections locales par calques et, si nécessaire, effets spéciaux.
D’où vous vient votre inspiration (photographes, univers, sujets …) ?
J’aime les villes et la nuit. Mais attention, quand on dit la nuit, les gens pensent noctambule, fête, tout ça. Moi, je ne parle pas de ça, j’aime la vraie nuit. Sans personne, sans lumière, enfin la lumière, il en faut quand même un tout petit peu. Mais j’aime aussi faire des paysages, des portraits, des macros, des natures mortes, de l’architecture et bien d’autres choses. Il est rare qu’en tournant autour d’un sujet, quel qu’il soit, on ne finisse par trouver un point de vue d’où faire une photographie intéressante.
Quant à mes influences… Il y a beaucoup de photographes qui valent qu’on regarde leurs œuvres. Et encore davantage de peintres. Je crois que mon goût de l’image vient de la peinture. Alors s’il fallait être injuste et n’en citer que deux, je dirais Francis Bacon, immense peintre, et Josef Sudek (à surtout me pas confondre avec Saudek), photographe tchèque trop mal connu à mon sens.
Quel matériel utilisez-vous ?
Pour les prises de vue, je travaille avec un reflex doté d’un capteur APS-C de 12 Mpx. Comme objectifs, j’utilise essentiellement un 12-24 mm et un 24-70mm (ça donne des équivalents 24×36 de 18-36 et 36-150) ainsi qu’un 105 mm macro. Pour le traitement de l’image, l’unité centrale de mon ordinateur a un processeur de 2,8 GHz, quatre cœurs et une mémoire vive de 4 Go / 800 MHz, une carte vidéo de 256 Mo de VRAM. L’écran est une dalle LCD de 24 pouces avec une définition de 1920×1200 pixels, une profondeur de couleur de 32 bits et une correction gamma sur 10 bits, il couvre environ 95% de l’espace Adobe RGB.
Très important : j’étalonne mon écran très régulièrement (au moins une fois par mois). Hormis pour les épreuves de travail, je fais faire mes tirages chez un tireur spécialisé.
Quels conseils donneriez-vous à un photographe qui débute ?
Qui débute dans le métier ? D’abord, s’accrocher. Ensuite, ne pas brader son travail. Après, il faut s’accrocher. Enfin, ne pas brader son travail et s’accrocher.
Je m’explique.
S’accrocher, parce que la photographie est un métier très fréquenté où les élus (ceux qui peuvent en survivre) sont rares. S’accrocher, parce que, pour en vivre, il faut faire aussi des choses moins intéressantes. Comme dans tous les métiers, on ne vit pas constamment sur le haut de gamme, l’exaltant, le sublime. Le métier de photographe, c’est aussi de la routine, du tout venant, de l’administratif.
Ne pas brader ! Trop de photographes qui ont du mal à vendre finissent par (se) brader. Quand vous baissez trop les prix, vous vous massacrez et vous massacrez vos collègues. Et ne croyez pas pouvoir vous rattraper sur la quantité. C’est un leurre. Quand on voit des sites qui proposent des photos à 1 € ! Remarquez ce que je dis là, ça vaut aussi pour les amateurs ! Si vos images ne valent pas plus que ça, c’est qu’elles ne valent rien ! Jetez-les !
Mais votre question concernait peut-être un photographe qui débute dans la technique et pas forcément dans la profession ? Excusez-moi.
Pour quelqu’un qui commence la photographie… Je dirais qu’il faut avant tout savoir regarder. Et pour ça, il faut regarder comment les autres regardent. S’intéresser aux autres photographes et beaucoup, beaucoup, aux peintres. Après tout, ils étaient là avant nous.
Mon deuxième conseil serait d’apprendre la technique, vite et beaucoup, suffisamment en tout cas pour pouvoir l’oublier.
Et mon troisième conseil serait de ne pas changer de matériel tous les six mois. Les photos que vous faites avec un boitier de 12 Mpx ne deviendront pas moins bonnes à cause de la sortie d’un boitier à 24 Mpx. En revanche, sur le nouveau boitier, il va vous falloir tout réapprendre avant de pouvoir retrouver votre niveau précédent. Alors, au lieu de râler après le prix du matos (sauf pour faire des images à 1€, là, oui, prenez un appareil à 1€ !), ne soyez pas victimes du marketing et dites-vous que si vous gardez votre appareil quatre ans au lieu de deux, vous pourrez vous en payer un deux fois plus cher !
Quels sont vos projets en cours ?
Plusieurs. Avoir des projets n’est pas un problème. Le vrai problème est de les mener à terme. Trouver les financeurs, les galeries, les débouchés, ça demande tellement de temps et d’énergie que l’on aimerait plutôt consacrer à ses images.
Où peut-on retrouver vos photos et suivre votre actualité ?
A part Mabellephoto, mes images – enfin, quelques unes – sont sur mon site www.michelvialle.fr.
On trouve également à la vente des tirages d’auteur sur le site www.art-luberon.com/loxias.
Pour les vrais accros (il y en a peut-être), il suffit de m’envoyer un mail avec votre adresse et vous serez tenu informés.
Avez-vous des artistes préférés parmi ceux présents sur mabellephoto.com ?
Il y a beaucoup de monde sur le site. Sans même parler des photographies, je ne suis pas certain d’avoir vu tous les photographes ! Dans ces conditions, il est plutôt délicat et surtout injuste de faire un choix. S’il faut quand même en faire un, je parlerais de Cyril Breton.
Cette photo est extraite d’une série sur les cracheurs de feu. J’avais vu ces photos l’année dernière dans ma région et j’avais beaucoup apprécié ce travail. J’ai retrouvé cette image un peu par hasard, lors d’une de mes balades sur le site. Les autres photographies que je découvre me confirment le talent de Cyril Breton. Alors, voilà : monsieur Breton, j’aime beaucoup ce que vous faites.














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